Réflexes archaïques, compléments

Réflexes archaïques: rôles & conséquences

Lors de nos stages, suite à l’exposé sur les réflexes archaïques et leur remodelage via la petite salutation au soleil, il nous a été demandé s’il était possible d’apporter quelques précisions sur ces réflexes : leurs rôles et leurs conséquences.

Rôles des réflexes archaïques

A la naissance, notre système nerveux n’est pas mature. Si toutes les parties du cerveau sont bien présentes, elles ne fonctionnent pas encore pleinement. Les réflexes archaïques sont des mouvements automatiques qui, dès qu ils seront stimulés, vont permettre la mise en place de cette maturation.

Le mouvement, clef de l'intégration

Ils apparaissent dès la vie fœtale, pendant l’accouchement ou dans les semaines qui suivent. On en a dénombré plus de soixante-dix différents ! Ces mouvements instinctifs vont aider l’enfant à naître (réflexe tonique asymétrique du cou et réflexe spinal de galant), lui permettre de satisfaire ses besoins vitaux (réflexe de succion pour la tétée). Mais ils vont aussi permettre la formation des gaines de myeline entourant les fibres nerveuses. Cette myelinisation assurera par la suite une vitesse accélérée de la conduction de l’influx nerveux. La répétition de ces mouvements instinctifs va développer à la fois les fibres nerveuses, mais également toute une série de réseaux de communication entre les différentes parties du cerveau. En parallèle le mouvement va offrir à l’enfant tout un panel d’expériences sensorielles qui vont construire notamment ses capacités d’adaptation. Une fois que l’un de ces réflexes est apparu, il va rester activé un certain temps, celui-ci sera variable selon le type de réflexe en jeu. Puis il sera inhibé. C’est durant la première année de vie que, pour la majorité de ces réflexes, se situe cette phase d activation.

Nous comprenons ainsi mieux le rôle de ces réflexes dans le développement de l’enfant. Grâce à la répétition, certains gestes qui sont produits au départ de façon automatiques, vont pouvoir être intégrés au système corps/mental. Ils vont permettre la mise en place d’une base neurologique pour le développement du contrôle des mouvements. L’enfant va pouvoir passer d’un mouvement instinctif à un mouvement contrôlé et volontaire. Par exemple le réflexe d’agrippement (grasping) va pouvoir évoluer vers le choix de prendre ou de lâcher l’objet. Tous ces mouvements vont créer des stimulations à plusieurs niveaux notamment sensorielles créant de nouvelles connexions neuronales. Celles-ci ensuite permettront le traitement des informations base de futurs apprentissages.

Nous comprenons mieux pourquoi stimuler précocement un enfant sur le plan intellectuel n’a pas de sens et pourquoi bien accompagner son développement psychomoteur en respectant toutes les étapes (ramping, quatre pattes etc) est très important. Cela va contribuer à spécialiser les hémisphères cérébraux et favoriser les connexions entre eux. Bien sûr un environnement affectif protecteur et bienveillant est aussi un élément essentiel au bon développement des futures facultés de l’enfant.

Que se passe t-il quand l’un de ces réflexes ne se développe pas ou n’est pas intégré ou inhibé ?

1- Si le réflexe ne s’enclenche pas:

Le réseau de communication entre certaines parties du cerveau ne se pourra pas se créer. Il y aura un manque au niveau du tonus musculaire qui pourra affecter les mouvements moteurs. Or les progrès cognitifs du bébé dépendent directement de son développement moteur (cf les recherches et études de différents psychologues Piaget, LS Vigotsky, ou M.Montessori). Si les mouvements moteurs sont affectés c’est directement l’énergie Yang dans sa dimension faire, mais aussi dans sa dimension sécurité intérieure, qui va être impactée.

2- Dans le cas où le réflexe s’est bien développé mais ne s’est pas intégré au système nerveux:

Le mouvement va rester involontaire donc incontrôlé. Les processus d’apprentissages vont être perturbés. La conscience de soi dans certains domaines ne pourra pas se faire.
Prenons quelques exemples:
– Le réflexe de grasping (le bébé serre fortement quand on met un doigt dans sa main) s’il n’est pas inhibé va donner une pression excessive pour tenir un stylo, un archet ou une raquette.

Grasping, réflexe arcahïque

– Le réflexe tonique symétrique du cou se déclenche lors de l’accouchement. Si l’enfant naît par césarienne il ne peut pas s’activer. Or c’est un réflexe qui permet la mise en place notamment de la vision proche et de la vision lointaine donc qui contribue à créer le passage d’un hémisphère à l’autre et au delà de la vision du détail à la vision globale.

Rélfexe ton,ique symétrique, réflexe archaïque

– Le réflexe d’orientation de Pavlov. Si on déclenche un stimuli visuel (lumière) ou sonore, le bébé va automatiquement tourner la tête du côté de la source du stimuli. Si on étudie les impacts de cette réaction, on se rend compte qu’elle met en route toute une série de phénomènes essentiels pour le futur. En effet au delà du simple mouvement moteur, on enregistre une augmentation de la fréquence cardiaque et de la pression artérielle ainsi qu’une activation de la sécrétion de certaines hormones typiques de la réaction d’alarme décrite dans le syndrome général d’adaptation (Hans Seyle). On est face à une préparation de l’organisme pour se positionner devant la nouveauté que représente la lumière ou le bruit. Cet état de stress est de l’eustress. Il est utile et constructif puisqu’il va permettre au fur et à mesure à l’enfant de se créer des repères, de répondre ou au contraire de s’éloigner. Bien sûr, si la stimulation est exagérée en durée ou en intensité, on passera à du stress négatif. Si ce processus d’intégration n’a pas pu se vivre normalement et totalement, ce sont les capacités d ‘adaptation qui vont être directement affectées.

Conclusion:

Si au début de sa vie l’enfant ne peut effectuer spontanément certains mouvements, il y aura donc des domaines où il ne pourra pas enrichir son schéma corporel. Donc il ne pourra pas développer de références internes ni être dans une compréhension, et une conscience de lui-même. Cela aura une incidence directe sur ses capacités d’adaptation. Tous ces réflexes archaïques ont donc pour mission de stimuler la formation réticulaire afin de permettre la mise en place d’un certain niveau de ce que l’on nomme le tonus central. Celui-ci est responsable du maintien d’un niveau adéquat de conscience approprié aux taches cognitives à accomplir par le cortex cérébral.

Au début de notre vie, c’est bien l’action qui aide l’intelligence à se construire. L’enfant agit, puis peu à peu, il deviendra capable de mettre en relation, d’opposer, de généraliser, de communiquer donc d’entrer dans des processus de pensées. D’actions immédiates et concrètes il pourra passer à des conduites plus élaborées. Grâce aux réflexes archaïques « le tonique » va permettre la mise en place d’un capital cérébral. L’enfant va pouvoir devenir conscient de lui-même, faculté indispensable aux apprentissages intellectuels, et à notre adaptation au monde.

Aujourd’hui grâce aux neurosciences et à la confirmation de la neuroplasticité neuronale, nous savons qu’il est possible de rattraper ces étapes si elles n’ont pas pu être vécues correctement. La médiation corporelle, à travers certains exercices spécifiques, va être la solution. Bien sûr une répétition journalière sera nécessaire et ce, sur plusieurs mois. Pour un enfant la présence et le soutien des parents est donc nécessaire. Faire avec lui la petite salutation au soleil est donc une excellente solution ;o)

Petite salutation au soleil : l'idéal pour ré-intéger ses rélfelxes archaïques

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