Etude de cas : Stress professionnel

Étude de cas : stress & décision

Stress professionnel & neuroplasticité
Stress professionnel & neuroplasticité

Exposé du contexte

Voici comment la personne que nous nommerons M, vit le stress et l’analyse:

Bonjour,

J’ai pu constater que mes plus gros stress survenaient généralement lors d’une prise de décision ou d’un choix à faire et ce le plus souvent dans le cadre professionnel.

C’est le temps préalable à la prise de décision que je vis généralement dans une extrême tension et/ou l’attente avant mon positionnement. C’est cette phase là que je ressens comme la plus anxiogène.

En tant qu’hypersensible, c’est le corps qui va invariablement « déguster » (tensions musculaires, raideurs, nausées, souffle coupé…..) « aidé » à grand renfort par les projections ou anticipations du mental.

Une fois la décision prise ou le choix manifesté, le stress redescend. Voici plus de détails face à une situation vécue très récemment:

Entretien auprès d’un grand groupe de compléments alimentaires: entretiens successifs avec 3 personnes (Drh ou/et directeurs de marque)

Stress continu de J-3 au jour J (stress diurne et nocturne), en dépit des pratiques  effectuées en médiation corporelle (comme celles décrite dans Sport No Stress, à savoir Qi-gong et respirations).

Le fait de voir trois personnes a généré un premier stress (encore une fois avec toutes les projections du mental).  Le corps s’emballe alors et reste mobilisé comme dans l’anticipation d’un combat ou d’un affrontement (montée d’adrénaline, surrénales à plein régime, afflux sanguin, corps en tension, appétit coupé, souffle court, pupilles dilatées et regard affûté, état d’hyperconcentration…). En même temps que le stress m’envahissait j’avais pleinement conscience de tout ce qui se passait dans mon corps.

J’avais également conscience du décalage entre la « réalité objective » et ma « réalité subjective » (mon vécu intérieur).

Une fois dans la situation le jour J, j’ai su parfaitement gérer l’entretien et le poste m’attendait au final (même si je ne partais pas dans l’idée de prendre ce poste).

Face à ce vécu « stresseur », deux interrogations subsistent:

  1. Pourquoi ai-je vécu un tel stress en dépit du travail déjà effectué (thérapie, développement personnel, ethérapie…) et tout en sachant que j’avais toutes les compétences et qualifications requises.
  2. Comment faire pour gérer au mieux le stress dans la « phase d’attente » ?

A très bientôt et au plaisir d’échanger sur d’autres thématiques. M

Analyse

Bonjour M,

Tout d’abord merci pour nous avoir proposé cette question très intéressante. Il y a un premier point déjà important à souligner, c’est votre faculté d’observation qui est le signe d’un travail sur soi déjà bien avancé ainsi que le souligne également votre conscience du décalage entre la réalité objective et votre réalité intérieure : bravo !

Maintenant comme vous le soulignez, la prise de conscience et les pratiques no-stress n’ont pas suffi à faire baisser le stress de façon suffisante. Sans aucune pratique, imaginez dans quel état vous auriez abordé l’entretien! Nous sommes là dans un cas typique des limites de la gestion du stress. Les outils sont efficaces (Qi-gong, respirations), mais ne durent pas et doivent être renouvelés régulièrement, voir toutes les heures et même plus. Or on ne peut pas faire des pratiques 24h/24, en plus, juste pour être à peu près bien, mais pas au top.

C’est justement pour ce type de problématique que nous avons écrit le deuxième ouvrage: Vie-No-stress. En effet, sur certains points il ne suffit pas de gérer, il faut « changer le terrain », modifier nos réactions comportementales, sinon comme vous le décrivez si bien, le stress nous rattrape.

Chacun a un terrain (= un patrimoine génétique + une trajectoire de vie) qui est plus ou moins sensible à un type de stress. Chacun, dans un contexte donné, sera hypersensible à un stress particulier et va réagir au lieu de gérer. Si ce contexte se produit souvent, la seule solution est l’apprentissage de nouveaux comportements. La plasticité neuronale est la clé, cette neuroplasticité permet de créer de nouveaux neurones, de nouveaux réseaux neuronaux et donc de modifier le terrain. Ainsi, ensuite nous ne vivons plus la situation de la même façon et la gestion du stress devient possible (et reste utile).

Mémento de la Vie No Stress
Mémento de la Vie No Stress

Pour travailler la neuroplasticité il faut associer une médiation corporelle en conscience avec une pensée. Le Raja Yoga se prête très bien à ce type de pratique. Attention, la Hata Yoga tel qu’il est pratiqué depuis les années 1920 n’est pas du tout adapté, il peut même avoir comme effet de renforcer l’ego (réduction de la plasticité neuronale) ou encore de mettre sous contrôle des comportements (comme le couvercle sur une cocotte minute).  Le Yoga qui permet de mettre en œuvre la neuroplasticité est en mouvement, avec une respiration non bloquée et associée à une intention.

A l’analyse de votre cas, il ressort que votre problématique « de terrain » est de garder le cap plusieurs jours sans changer de ligne de conduite. Ne pas se laisser auto-influencer en quelque sorte.

Or, durant cet entretien vous aurez à vous positionner et surtout « à garder le cap » . C’est là que se situe votre stress. La confiance en votre capacité à garder une ligne de conduite qui s’appuie sur vos besoins, vos références internes sans risquer d’être influencée par le regard des autres est l’attitude à cultiver, à enraciner.

La posture de Yoga appelée posture de la mouette est l’exercice qui correspond exactement à la gestion de votre stress (page 50 du livre Vie-No-stress et ci-dessous). Pratiquer cette posture deux fois par jour durant les 3 jours qui précèdent un tel type d entretien va vous aider à ne plus vivre un tel stress. De façon préventive, pratiquer cette posture 2f/j pendant 3 semaines va faire travailler votre plasticité neuronale pour ancrer ce comportement. L’intention la plus simple et qui convient bien au cas que vous exposez est « Garder le cap ».

Exercice correctif: Posture de la Mouette

Cette posture, ce mouvement respiratoire qui s’appuie sur l’āsana de la mouette, va agir sur tous les plans: énergétique, physique, émotionnel et bien sûr mental et psychique. Le côté symbolique: « Ouvrir ses ailes et prendre son envol » n’échappera à personne, mais il existe aussi une relation avec « prendre du recul, de la hauteur » et bien sûr « tenir le cap » qui nous intéresse ici.

  1. Debout les jambes écartées, les bras le long du corps, pliez légèrement les genoux afin de vous pencher en avant.
  2. Une fois « plié en avant », redresser vos jambes et faites le dos plat : il est plus important d’avoir le dos plat que d’être à l’horizontal. Laissez alors vos bras pendre à la verticale, mains face-face. La tête est alignée avec le corps ou légèrement relevée : c’est la position de départ.
  3. En inspirant, vous allez remonter les bras à l’horizontal, sur les côtés, comme pour ouvrir vos ailes, paumes tournées vers le sol, bras tendus.
  4. Vous allez respirer trois fois dans cette position en portant votre attention sur le diaphragme :
    • A l’inspir, vos bras remontent légèrement, mais l’idée n’est pas de les remonter le plus possible mais de tendre les doigts vers l’extérieur pour mieux prendre conscience du diaphragme.
    • A l’expir, les bras se relâchent légèrement ce qui provoque un mouvement des bras vers le bas, comme si on battait des ailes.
  5. Avec la dernière expiration, les ailes-bras redescendent en position initiale.
  6. Vous venez de finir la première série de respirations. Vous allez, en tout, faire trois séries. Vous remontez donc les mains pour la deuxième série toujours en maintenant la conscience, l’attention sur le diaphragme si possible.
  7. A la fin de la troisième série, plier à nouveau les genoux pour vous redresser en souplesse.
Vie No Stress p50 Garder le Cap
Vie No Stress p50 Garder le Cap

PS: Nous organisons une journée découverte et apprentissage de ce Yoga en mouvement le dimanche 26 avril Paris 13 (140€). Contactez-nous pour vous inscrire.

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