Jogging is stress ?…!

JOGGING : Précisions …

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Suite à la sortie de notre livre « Sport-No-Stress » les réactions ont été vives du côté des joggeurs. En effet, dans notre livre – orienté gestion du stress bien sûr -,  le jogging urbain n’est pas considéré comme un sport bienfaisant pour la gestion du stress contrairement à la course à pied comme on la pratique en Athlétisme ou dans le cadre de l’entraînement dans beaucoup de sport.

Bien sûr, un large encart explique notre position qui surprend voir met en colère! L’objectif de cet article est, d’une part d’exposer notre position même à celles et ceux qui n’ont pas acheté le livre, et d’autre part, de prendre plus de temps et de place pour préciser cette prise de risque vis à vis du phénomène de mode « jogging ».

Un peu d’histoire…

Le jogging est une pratique qui a démarré dans les années 1970  aux  États-Unis. Présentée comme une méthode pour rester en forme, évacuer son stress ou pour maigrir, son objectif ne vise pas la compétition mais le bien-être. Hors cette activité, sous son apparente simplicité, réserve bien des pièges pour celui qui ne s’est pas informé au préalable des conditions de sa pratique. Et un mauvaise usage sur le long terme est le plus souvent source de stress et de traumatismes que de bienfaits.

Athlétisme : oui , Jogging : non
La course à pied nécessite un cadre comme l’ Athlétisme.

Avant qu’il ne devienne à la mode, le principe du footing existait déjà. Mais c’était en tant qu ‘exercice d’endurance dans le cadre d’un programme d’ entraînement de fond nécessaire à la pratique d’un autre sport. Le fait de sortir cette activité de son contexte et de son objectif initial, tout comme son apparente simplicité à mettre en œuvre a fait oublié un certain nombre de règles de bases pourtant essentielles. C’est ainsi que les effets bénéfiques escomptés peuvent se trouver totalement inversés et même certains risques survenir parce que certaines précautions n’ont pas été prises dès le départ.

Mais tout le monde sait courir non ?

Tout le monde sait courir, mais courir n’est pas bénéfique pour tout le monde. Tout comme il y a des périodes de sa vie où courir est adapté et d’autres ou courir peut être dangereux. Le fait que le jogging soit une activité totalement autonome par exemple:

  • elle n’est pas tributaire d’un lieu ou d’un horaire,
  • que l’on puisse être seul à décider de sa fréquence, de ses objectifs,

renforce le sentiment que courir est à la portée de tout le monde. Hors de nombreux facteurs sont à prendre en compte et à connaître comme nous allons le découvrir.

Qu’en dit la science ?

Notre morphologie est le premier élément qui peut se révéler  une vraie contre-indication. Chaque foulée va venir multiplier les impacts avec le sol. Sachant que, lorsque nous courons, chacun de nos pieds va toucher environ 500 fois le sol par kilomètre, cela signifie qu’un homme de 70 kilos va ainsi encaisser une pression de 35 tonnes par pied, soit un total de 70 tonnes par kilomètre ! Nous comprenons bien pourquoi toute anomalie de la voûte plantaire, tout problème au niveau des genoux ou des chevilles peut aboutir à des risques de blessures, de tendinites, de douleurs au niveau du dos ou d’une articulation. Des jambes de longueurs inégales ou arquées,  des soucis avec les points d’appui de ses doigts de pieds et nos tendons comme nos muscles ou nos articulations vont être sur-sollicités par la course, aboutissant à des micro-traumatismes et la création de zones inflammatoires.

Qu’en dit le médecin ?

Notre état de santé est également un élément dont il faut tenir compte. Ainsi le sur-poids est  un facteur contre-indiquant pour la pratique du  jogging. Nous comprenons aisément pourquoi suite aux explications du paragraphe précédent. Toute personne fumeuse ou hypertendue, diabétique ou ayant un taux de cholestérol élevé comme ayant plus de 40 ans est susceptible de présenter des risques à vouloir se mettre à courir. Donc une visite médicale incluant un électrocardiogramme au repos, un test à l’effort, un examen de ses voûtes plantaires et donc un avis médical, devrait être faite et est fortement recommandée avant de commencer à pratiquer le jogging.

Le jogging en ville pour les non sportifs est une source de stress.
Le jogging pour les non-sportifs est stresseur

Alors, comment bien courir ?

Le troisième point qui va être important à se rappeler c’est le fait que: « courir s’apprend ». Si la technique en elle-même est naturelle parce que l’on sait très bien poser son pied sur le sol, lever les genoux ou balancer les bras, gérer l’intensité de son effort est tout un art. Courir est une activité d’endurance et va donc solliciter de façon continue le système cardio-vasculaire ainsi que le système respiratoire. Trop souvent le débutant oublie, que l’objectif et le challenge du joggeur, c’est de trouver le bon rythme sans être essoufflé, ni souffrir d’un point de côté. La croyance que: plus je cours vite et longtemps, donc plus je souffre, plus l’entraînement est efficace est hélas monnaie courante. Hors c’est une grossière erreur. Alors qu’est ce qu’on appelle le bon rythme? Cela va être celui qui permet de pouvoir, à chaque instant de sa course, rester en aisance respiratoire, c’est à dire d’être capable de tenir une conversation tout en courant. Cela implique que chacun aura son rythme. Se baser sur le rythme d’un autre, pour rendre son entraînement plus efficace va donc être un leurre. Vouloir aller vite comme faire de grandes distances n’est donc pas un gage de meilleure forme mais au contraire peut venir favoriser le risque d’user son organisme prématurément. Ce point est essentiel car il nous rappelle l’importance de mettre au point une vraie progression de son entraînement. L’objectif n’est pas de créer du stress mais de rester dans le plaisir et d’en revenir dynamisé et non épuisé. Il est essentiel de laisser le temps à son organisme de s’adapter et de se transformer, donc il est essentiel  de le respecter. C’est pour cela que les professionnels préconisent à tout débutant de commencer d’abord par une marche sur 200-300 mètres puis se mettre à courir lentement pendant 30 secondes (et oui pas plus longtemps!), marcher de nouveau une minute, courir lentement 30 secondes etc ceci pendant les 30 minutes de jogging. Répéter 3 fois par semaine pendant 2 semaines avant de commencer à alterner une minute de marche et une minute de course lente. Nous voyons bien que cette démarche exige à la fois de la patience et de l’assiduité dans le respect de son déroulement. Le test pour savoir si vous êtes juste et écologique dans votre façon de progresser et d’aborder votre activité, c’est si à la fin de vos 30 minutes vous vous dites que vous auriez pu en faire plus. Laisser du temps à notre organisme pour s’adapter à l’effort est essentiel.

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Qu’en disent les professionnels du sport ?

Courir exige de se préparer et de connaître certaines règles. Hors celles-ci peuvent se révéler très compliquées. Prenons un exemple:  il y a 7 types de terrains différents répertoriés par les professionnels sur lesquels on peut être amené à courir. Chacun va avoir une façon spécifique de mobiliser l’organisme et exiger une adaptation en conséquence. Dans l’absolu correspondra un type de chaussures par type de terrain  pour aider à compenser et atténuer les effets négatifs de chaque qualité de sol.

Autre exemple: Vous avez décidé de courir sur la plage pieds nus ce qui est excellent pour la proprioception et travailler la stabilité de ses chevilles. Savez vous qu’il est recommandé de courir en alternant un passage sur du sable mouillé (de nature ferme)et un passage sur sable sec (très meuble). Savez vous qu’il ne faut pas courir toujours dans le même sens si on ne veut pas mettre en stress ses hanches? En effet  au bord de l’eau il y a toujours une pente. Et donc on est amené à courir avec une jambe plus haute que l’autre d’où la nécessité de faire un parcours aller-retour. Si on court trop longtemps c’est le tendon d’Achille qui risque d’être trop sollicité et étiré. Je n’évoquerai pas le problème des objets ou autres coquillages plus ou moins coupants qui exigent l’inverse d’une attitude détendue et cool. Rien qu’à travers ce petit exemple on voit comme c’est difficile de ne pas créer de stress malgré soi à un niveau ou un autre.

Le jogging sur la plage n'est pas sans piège
Même le jogging sur la plage n’est pas sans piège

Nous voyons bien combien la pratique du jogging – si l’on désire en faire une activité positive – exige une bonne connaissance des conditions de sa pratique. Si nous comparons avec la marche, à bienfait égal sur le plan d’une activité cardio-training, celle ci ne présente aucun inconvénient ni risque pour la santé alors que courir outre le fait de nécessiter un apprentissage, par les impacts transmis par le sol sur l’ensemble des articulations et des chaines musculaires, traumatise à long terme l’organisme et peut être à l’origine de blessures, d’inflammation des tendons, d’usure prématurée des certaines articulation, etc.

Dernière remarque: Souvent le jogging est utilisé et vécu comme outil de gestion du stress. Si dans un premier temps effectivement cette activité peut être une aide efficace pour éliminer son stress, cela ne signifie pas que l’on sait gérer son stress.  Le piège peut vite se créer. Pourquoi? Tout simplement parce que la personne va confondre le moyen et l’objectif qui voudrait que l’on recherche comment ne pas rentrer ou demeurer dans la situation qui nous  stresse. Le risque, dans ce cas là, va être de vivre le jogging comme une activité de compensation. Le leurre c’est qu’au départ c’est une bonne solution donc on en ressent et retire effectivement du mieux-être.  Du coup, on perd de vue le fait qu’il y a la nécessité de faire évoluer en amont la situation qui génère le stress. Le besoin de courir de plus en plus longtemps, de plus en plus souvent va s’imposer comme une nécessité vitale avec son lot de conséquences sur le plan physique, familiale etc. Ainsi d’autres sources de stress vont apparaître dans d’autres domaines.

Conclusion

Nous avons donc volontairement distinguer le « Jogging phénomène de mode » de « la course à pied » base de l’Athlétisme et de tout programme d’endurance en sports encadrés. La course à pied est bien présente dans notre ouvrage mais sous l’étiquette « Athlétisme », et dans ce cadre c’est une excellente pratique.

En dehors d’une pratique en club de la course, c’est la marche sportive qui sera souvent une bien meilleure solution que le jogging.

En conclusion, dans cette pratique si spécifique du jogging, la vigilance doit être une règle. Être conscient de ce qui nous motive à courir, de la façon dont nous nous préparons et en respectons les règles va être très important si nous ne voulons créer plus de stress par ailleurs et sous d’autres formes .

Merci à Fond-ecran.net, Freepik.com et 123rf.com pour les images qui illustrent cet article.

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