Le doute un stress pas comme les autres…

Qui ne connait pas ce sentiment qui a le don de s’insinuer au moment ou il ne faut pas, occupant brusquement  tout l’espace et le temps, nous coupant de notre confiance en nous et en nos capacités? D’où vient le doute? Comment en sortir et reconquérir son assurance pour vivre sa compétition ou son challenge de vie de la meilleure façon possible? Comment aider un sportif qui doute en fonction du moment où ce doute fait surface?

Il y a trois types de doutes:

  • celui qui se déclenche pendant l’entraînement ou la veille de la compétition,
  • celui qui surgit juste avant de passer à l’action, ou
  • le doute qui peut suivre après avoir passé son épreuve.
1°) Je doute, 2°) Je doute, et 3°) Je doute !
1°) Je doute, 2°) Je doute, et 3°) Je doute !

Comme toute chose, si le doute existe c’est qu’au départ il a bien une fonction, une utilité. Quand quelqu’un nous affirme quelque chose, c’est bien notre capacité à remettre en question ces propos qui crée une sorte de vigilance et permet la prudence. C’est aussi le doute qui permet l’esprit critique sur ses propres façons de procéder et de là la mise en place d’autres stratégies si besoin. Le doute nous protège aussi de l’arrogance car il nous permet de nous remettre constamment en cause et donc constamment en capacités d’amélioration et d’évolution. Mais comme toute chose, dès que le doute est en excès ses effets positifs basculent et cela devient synonyme de stress. Un stress qui peut même devenir dans certains cas paralysant au moment de passer à l’action.

Que faire face à un doute qui se manifeste lors de l’entraînement ou la veille de la compétition? A ce stade le doute est en réalité comme l’arbre qui cache la forêt car, par exemple, derrière la phrase « je ne vais jamais y arriver » se cache une peur: Peur de ne pas réussir, peur de ne pas être à la hauteur, peur d’être ridicule etc.

Le doute, après un coup dur ou un accident
Le doute, après un coup dur ou une blessure...

Autre exemple la blessure: rien de pire pour un sportif qui tout à coup se voit priver de son activité et ignore quand il pourra reprendre. Derrière chaque question qu’il se posera peut surgir le doute de réussir à guérir à temps, de retrouver son niveau d’avant, de ne pas rester marqué par son accident etc. Le doute s’alimente de toutes les incertitudes et Dieu sait si le nombre d’incertitudes peut être infiniment vaste dès que l’on s’attache à les recenser.

Comme les garanties de réussite ne peuvent pas exister à 100% parce que justement dans tout évènement il y a une part qui ne dépend pas de nous il va falloir apprendre à  apprivoiser cette part d’incertitude, accepter ce risque de l’inconnu. Pour cela affronter ses peurs va être une première clé. L’exercice va consister à faire une liste de toutes ses peurs et puis de choisir la plus importante celle qui à vos yeux serait la pire si elle devait se réaliser. Une fois ceci déterminé oser aller au bout de votre peur en envisageant le pire. Qu’est ce qui serait le pire du pire si cette chose qui vous fait peur devait arriver? En osant faire cela vous verrez que déjà une partie de votre peur va s’effondrer d’elle même car vous serez bien obligé de réaliser qu’ une partie de vous-même va dire: et alors la vie continue! Cet exercice va vous permettre de relativiser et de prendre du recul en vous détachant du résultat. Vous n’êtes pas une place dans un classement ou une victoire vous êtes bien plus que cela et il est vital de le garder bien présent à l’esprit.

Pour aller vers le No-Stress, faite la check-liste complète de vos peurs
Faire la check-list complète de vos peurs

Ce qui est difficile c’est que nous avons pris l’habitude depuis notre enfance d’être identifié et confondu avec nos actions ou nos résultats et nous avons fini par croire que nous n’étions que cela. En parallèle revenir à sa motivation première et à son objectif qui doit rester le plaisir peut être aussi important dans ces moments là. Voici une citation de Chuck Noll un célèbre entraîneur de football américain  qui peut permettre de revenir à l’essentiel : »Les sensations fortes ne sont dans la victoire mais dans l’action« . Et puis une autre dans le même esprit de Luis Fernandez: « En compétition il y a toujours un premier et un dernier mais l’important est de ne pas être le second de soi-même. » Vous vous êtes préparé au mieux de vos possibilités et vous apprêtez à donner le meilleur de vous-même c’est cela qui compte.

Regardons maintenant comment gérer un doute qui surgit quelques minutes avant de passer à l’action: la clé sera de mettre sa présence dans le corps via une respiration abdominale. En se concentrant sur le présent et le corps cela évite automatiquement de se projeter dans le futur et de passer en revue toutes ses incertitudes. Dans ses interviews Raphael Nadal rappelle toujours à quel point il se concentre sur le présent et non sur ses performances futures et sa capacité à accomplir des exploits. Lors de l’exercice il va s’agir d’instaurer une respiration la plus harmonieuse possible, pour occuper le mental compter 5 secondes pour le temps de l’inspir en gonflant le ventre puis compter toujours 5 secondes pour le temps de l’expir en rétractant le ventre. Le faire au minimum pendant une minute. Pour être efficace il est évident que si vous prenez soin de vous entraîner à respirer de cette façon en dehors des moments de compétition le résultat sera d’autant plus probant le jour J.

Technique anti-stress puissante : la respiration circulaire
Respiration circulaire : la seule technique où notre volonté peut agir vers le no-stress

Évoquons maintenant la troisième situation: L’épreuve est passée et le doute s’empare de vous avec la pente glissante du risque de dévalorisation qui lui est souvent associée. C’est à ce moment là qu’au contraire il faut vous féliciter parce que vous avez osé être à la hauteur de vos rêves, vous avez dépassé vos peurs, vos limites, votre fatigue,  vous avez décidé de réaliser vos envies et vous êtes allé au bout de cette réalisation. En considérant ce que vous venez d’accomplir sous cet angle là, vous vous redonnez le plaisir de pouvoir recommencer l’aventure tout en boostant vos performances puisque quelque soient vos résultats ce succès là sera au rendez-vous. Vous pouvez perdre ou gagner cela ne change rien à la valeur de ce que vous avez essayé d’accomplir. Votre expérience se sera enrichie, et vous aurez enrichi les autres par votre exemple et votre participation.

L'auto-gratitude une clef de la gestion no-stress
L'auto-gratitude une clef no-stress

Vous voici désormais avec trois nouveaux outils vous permettant de sauvegarder votre confiance en vous quelque soit le moment où celle-ci puisse être remise en question. Outils à user sans modération au sport comme dans la vie quotidienne.

Publicités