Etude de cas: carrière & burnout

Suite à notre demande de nous envoyer vos plus importantes situations de stress nous avons choisi d’évoquer un cas de stress très répandu dans le domaine professionnel mais pouvant aussi toucher le sportif compétiteur, notamment en cas de surentraînement. Mais donnons d’abord la parole à Helivanne :

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Bonjour Marc, Bonjour Pascale,

Au sujet du stress, mon plus gros stress réside dans ma fatigue professionnelle. Celle-ci envahit mon espace familial et privé. J’ai le sentiment, très fort, d’être actuellement « aspirée » par mon métier. Je suis à la fois en « sur-régime » et malmenée par des émotions pénibles, car la non-maîtrise et l’amplitude de mon emploi du temps professionnel/privé me déstabilise.

Résultat: je suis depuis quelques mois une fatiguée chronique. Gros stress, donc, désormais « traduit » dans mon corps car  j’ai développé une maladie auto-immune (décoloration de la peau). Je suis sure que cette maladie est liée au stress auquel j’ai soumis mon existence. Il devient urgent que je fasse diminuer ce stress pour qu’il n’aie pas ma peau, justement…:-) J’ajoute que cette somatisation intervient après quelques autres qui se sont produites rapidement en l’espace de 2 ans: parodontie, tour de rein, et, dernièrement, perte de sommeil, heureusement ponctuelle.

Que puis-je faire ? Merci pour tous vos conseils, forcément bienvenus.

Hélivanne

Le stress professionnel évoqué est tout à fait équivalent à celui que peut rencontrer un sportif de compétition. En effet tout comme pour une profession, le sportif peut être amener à avoir une carrière avec toute une évolution dans le développement de ses performances ou de son expertise: évolution nécessitant tout un investissement de temps, d’énergie etc.

Lui aussi se doit de mener ce parcours en parallèle à sa vie scolaire ou professionnelle ainsi qu’à sa vie sociale et affective. Trouver et maintenir l’équilibre entre toutes ces facettes de la Vie sans s’épuiser est donc aussi un challenge qui concerne tout compétiteur de la vie (sportifs, cadres, entrepreneur, responsable d’association, …).

Le premier point très important dans le stress que vous évoquez est le fait qu’il dure depuis 2 ans. Il est effectivement possible à l’organisme de fonctionner en sur-régime durant une certaine période mais cela implique qu’il doit y avoir en parallèle et à intervalles réguliers des périodes de récupération. Les sportifs connaissent bien ce processus puisque leur entraînement est basé sur une alternance de sollicitations au maximum de leur organisme avec des phases de repos. Lors d’une compétition ils vont même rechercher  à créer le « stress juste » qui va leur permettre de mobiliser tout leur potentiel le temps de l’épreuve. Par contre aussitôt après il est toujours inclus dans leur programme une phase de récupération avec des activités bien spécifiques.

Rappelons ce qui entre en jeu dès que l’on est en stress: certaines fonctions  de l’organisme comme la digestion ou le système immunitaire vont  être temporairement inhibés  ou ralentis tandis que d’autres vont être au contraire  privilégiés. Tout est fait pour que toutes les ressources de l’organisme soient mobilisées au maximum afin de faire face. Si le stress dure dans le temps nous comprenons bien que cela va avoir des conséquences de plus en plus importantes pouvant affecter notre  santé comme nos capacités intellectuelles ou nos relations. Prenons l’exemple d’une digestion qui ne peut pas se faire dans des conditions optimales et ceci sur une très longue durée: cela signifie que l’assimilation des nutriments et autres oligoéléments  essentiels va être perturbée. Sans ces nutriments la synthèse de nombreuses enzymes ou coenzymes nécessaire pour la constitution des neuro-transmetteurs par exemple ne pourra pas avoir lieu. Conséquences directes notre humeur va s’en trouver affectée nous devenons facilement irritables sans pouvoir adopter une autre attitude, nos facultés de concentration  comme notre mémoire se mettent à nous faire défaut, bref notre efficacité comme la qualité de nos relations vont lentement mais surement glisser sur le mode » dégradé ». En parallèle le manque en nutriments essentiels ne permettra pas la reconstitution des stocks d’énergie. La tendance à aller chercher de la fausse énergie dans des aliments-pièges, comme tous ceux qui contiennent beaucoup de sucre, va venir créer un stress supplémentaire. Si nous regardons les effets du côté du système immunitaire, nous comprenons que les conséquences de « sa mise hors circuit », vont nous rendre plus facilement vulnérables à la moindre bactérie qui passe. Une fois que l’organisme a épuisé toutes ses ressources et réserves d’énergie, on aboutit au burnout une maladie de plus en plus répandue chez les cadres supérieurs.

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Chez le sportif c’est principalement  un surentraînement qui peut provoquer un état semblable au burnout.  Les principaux symptômes seront une perte totale de sa motivation: le sportif n’a plus de goût ni de plaisir à pratiquer son activité. Il y a une chute de sa forme physique avec de la fatigue, des troubles du sommeil ou de l’appétit,  une augmentation du risque de blessures, des infections ou maladies plus fréquentes, une humeur perturbée, des difficultés de concentration, etc. Cet état, si l’entourage n’est pas très vigilant et le programme d’entraînement bien déterminé par une équipe de professionnels, est difficilement détectable avant son stade terminal. Hors la seule solution pour en sortir sera plusieurs mois d’arrêt de toute activité sportive . Donc il s’agit d’une décision très lourde pour tout sportif ayant des ambitions de compétiteur. Les phases de récupération ne sont donc pas un luxe mais bien une nécessité vitale si l’on désire tenir sur la longueur et s’assurer de rester au top des ses performances.

Si véritablement on veut faire le choix d’un rythme surhumain il va falloir se créer un certain nombre d’espaces au cours de la journée et de la semaine avec des pratiques  pour que l’organisme puisse se régénérer et reconstituer ses réserves d’énergie. C’est le paradoxe du surbooking: pour ne pas tomber dans le burnout, il va être vital de mettre en place des règles d’hygiène de vie très rigoureuses à ne transiger sous aucun prétexte.

Pour toute personne soumise à un stress chronique, il va être recommandé un minimum d’une demie heure de pratiques matin et une demie heure le soir, tous les jours.

Cela va permettre par exemple, déjà au niveau du mental qui est sursollicité professionnellement, de ne plus être au premier plan et donc de  laisser la place à des capacités de régénérations:

  • Un quart heure de méditation en mettant sa présence dans son corps, associé à
  • Une quinzaine de respirations égyptiennes et finir sur 
  • Un do-in du visage et un tapotage du corps

ceci effectué matin et soir devrait permettre de réduire les effets du stress. Et ceci sera à maintenir en place tant que les conditions de travail ne seront pas modifiées. En parallèle:

  •  Faire 10 minutes de marche contemplative 2 fois par semaine

pour « reposer » le mental est également une mesure à mettre en place et une condition pour ne pas perdre de vue et rester bien attentif à ses besoins essentiels.

Gérer sa carrière sur un stade ou au bureau n’est pas chose aisée surtout en ces temps de sur-sollicitation. L’hygiène de vie reste la solution et la médiation corporelle celle la plus adaptée à notre sur-mentalisation des choses. Vous pourrez retrouver tous les exercices No-Stress décrit en détails dans nos ouvrages : VNS, SNS, PNS, et NsNaNt. Il faut savoir que ce sont ces exercices qui permettent aussi d’atteindre un état de véritable relaxation et un sommeil vraiment réparateur.

Nous comprenons bien toute la difficulté qu’il va y avoir à mettre en place de telles mesures c’est pourquoi il va être nécessaire de se rappeler à chaque instant que dans la balance c’est: où consacrer du temps à récupérer et donc éviter le burnout, où continuer sur sur son rythme et prendre le risque de « brûler » donc de finir en burnout. Une fois de plus c’est garder son objectif bien en vue qui va permettre de se donner les moyens de limiter son stress et de se motiver pour maintenir sa stratégie sur le long terme.

www.vienostress.fr/burn-out ….

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